Publié dans 4 crayons

Negalyod . Vincent Perriot . Casterman

Une oeuvre monumentale entre Moebius et Schuiten.

Vous aimez l’architecture, les grands espaces sauvages et avez un mastère en paléontologie ? Cette BD est pour vous !

J’ai été intriguée par la couverture qui montre une cité futuriste à l’envers et un homme seul à côté d’un dinosaure sellé. Ni une, ni deux, j’enfourne la BD dans mon tote bag et je file lire à l’ombre la bestiole.

Pour l’histoire : Jarri, l’homme qui chuchotait à l’oreille des dinosaures, voit son troupeau mortellement frappé. En proie à une rage terrible, ses pas le mènent en ville pour une destination : la vengeance.

Cet album fait 207 pages. Autant dire quelques heures de lecture en perspective. Le dessin est bluffant et certaines planches en double page vous happent à vous en faire oublier l’heure. Les couleurs sont très bien étudiées et apportent une certaine dimension. Dans le scénario une ou deux choses m’ont gêné. L’auteur nous entraîne dans un côté « classique » de la SF old school qui n’amène pas de fraîcheur ou d’idée innovante.

On lira donc cet album plus pour son graphisme que pour son histoire, mais quel succès dans le dessin ! Hâte de lire d’autres œuvres de Vincent Perriot.

Publié dans 3 crayons

Dreams factory . Jérome Hamon. Suheb Zako . Lena Sayaphoum . Soleil

L’histoire

Une jeune fille, Indira doit chaque matin se lever pour aller à la mine chaque jour pour gagner son pain et celui de son père (?) et de son petit frère. Mais la silicose commence à attaquer ses poumons. Un matin alors qu’elle ne parvient pas à se réveiller, son petit frère décide de prendre sa place. Indira se réveille et se rend compte que son petit frère a disparu. Des disparitions d’enfant inquiétantes aux environs de la mine laissent penser à un enlèvement. Mais dans quel but ?

Mon avis

Le dessin est très beau et je suis absolument fan des couleurs utilisées. La coloriste a fait un travail remarquable à l’ordi j’imagine. En revanche j’avoue avoir moins accroché sur l’histoire. Dans mon résumé ci-dessus j’ai presque tout dit excepté sur deux personnages. Je suis donc mitigée mais enthousiaste quant à la beauté de cette BD qui reprend des codes entre Germinal et le steampunk. Le scénario n’est pas des plus originaux, j’ai l’impression d’avoir pas mal lu de choses sur ce même thème.

Publié dans 3 crayons, Non classé

Green Mechanic . Yami Shin . Ki-Oon

L’histoire

Dans le futur, la planète n’est qu’un dépôt d’ordures ceinturé par le désert. La Mégapole fait place de seul lieu vivable entre humains et robots. Misha aux pouvoirs empathiques développés et Reborn son robot vont lutter contre de mystérieuses créatures responsables de bien des disparitions.

Mon avis

Un bon manga de SF avec un très bon dessin. J’ai aimé le côté un peu Gunnm avec des robots mais je n’ai pas vu l’histoire avancer autant que je l’aurais souhaité sur ce premier volume. Je lirai le second volume et peut-être je changerai d’avis. Le temps de la mise en place de l’histoire était peut-être handicapant. Et j’ai trouvé les scènes un peu figées. Je lirai néanmoins un second volume prochainement, histoire de voir si je ne me suis pas plantée.

Publié dans 5 crayons

Les montagnes hallucinées . Gou Tanabe . Ki-Oon

L’histoire

Dans les années 30, une expédition est montée par l’université Miskatonic. Le but : explorer le cercle polaire antarctique. Des spécimens géologiques inconnus sont prélevés. Une partie de l’expédition souhaite continuer plus loin. Mais bientôt la première équipe ne reçoit plus de nouvelle de la seconde. La violente tempête aurait-elle eu raison d’eux ? La première équipe de scientifiques part à leur recherche sans savoir qu’ils vont se retrouver face à un des plus grands mystères de leur vie.

Mon avis

Il faut avoir sacrément confiance en soi pour s’attaquer à l’oeuvre de Lovecraft. Car Lovecraft c’est avant tout un style inimitable, un des seuls écrivains a avoir pu rendre concret l’indicible. Avoir rendu sa taille de microbe à l’homme dans le cosmos, le seul à nous remettre bien gentiment à notre place en tant qu’humain insignifiant. Même si parfois Lovecraft est un homme de son temps ( arf… pourtant l’ouverture aux autres ne doit pas avoir d’époque, mais bon…). Ici, Gou Tanabe nous offre une version de Les montagnes hallucinées très bien ficelée, le découpage est propre et sans bavure (là, je parle de mémoire car je ne me souviens plus à quand date ma première et dernière lecture de cette oeuvre) . Donc un gros coup de cœur au découpage et à la présentation ! Quant au dessin, il est tout simplement excellent. Petit aveux pour mieux comprendre mon enthousiasme : je n’aime pas la montagne, c’est comme ça, je préfère l’océan qui bouge et qui englouti, mais là je n’ai aucun problème à trotter en compagnie de ces scientifiques dans les régions montagneuses et glacées talonnés par la crainte de disparaître loin de tout. Un manga pour les âmes qui n’ont pas peur et qui veulent frissonner dans le néant.

Publié dans 5 crayons, Non classé

Beyond the clouds : La fillette tombée du ciel . Nicke . Ki-Oon

L’histoire

La ville jaune est une citée industrielle hautement polluée. Théo est un ado rêveur et débrouillard qui, malgré un travail harassant pour son jeune âge, réussi à garder une âme pure grâce à la lecture, sa plus grande passion. Un jour, sa route croise celle d’une jeune fille tombée du ciel, qui a perdu une aile et… la mémoire.

Mon avis

C’est beauuuu !!! C’est douuuux !!! et tout le monde peut le lire ! C’est paru aux éditions Ki-Oon dans la collection Kizuna (qui veut dire littéralement « Lien entre les personnes ») une collection qui assume clairement sa volonté intergénérationnelle et où l’on abolit pour de bon les histoires de « Ça c’est un shonen pour les garçons parce qu’il est bleu et que les garçons se tapent dessus, ça c’est un shojo pour les filles parce qu’il est rose et qu’il y a du vomi de licorne à l’intérieur » qui peut agacer un tantinet mon côté féministe. Bref, dans cette même collection j’avais adoré Reine d’Egypte que j’avais conseillé gentiment autour de moi aux lecteurs et lectrices de tout poil et même aux non lecteurs de manga.

Ici Nicke l’auteure qui signe ce manga, nous entraîne dans un univers rude et malgré tout ses traits fins font ressortir l’aspect profondément humains de ses personnages. Ça rappelle par certains côté du Miyazaki du type Le château ambulant ou encore Kiki la petite sorcière ben voui rien que ça… Vous pourrez retrouver une jolie interview de cette auteure ici .

Oui il y a des inspirations de Final fantasy de l’aveux même de l’auteur, qui a dessiné cette aventure sur la bande son. On ne peut nier que travailler seule sur un manga de ce type fait prendre la sauce magistralement et permet une unité dans le propos assez aboutie. Donc, je suis assez fan comme on peut le voir.

Publié dans 4 crayons

Lazarus : Pour la famille . Greg Rucka . Michael Lark . Santi Arcas . Glénat

L’histoire

Forever est un Lazare, une personne entraînée pour protéger et servir sa famille. Dans cette société d’un avenir proche, seuls l’argent et le pouvoir comptent, l’humain n’est qu’un déchet bon à tuer.

Mon avis

Une histoire qui promet d’être assez sympa sur le long terme. Ici pour le premier épisode on assiste à la mise en place des personnages et on compatit avec Forever qui promet de nous faire une belle crise de rébellion sous peu. Greg Rucka signe ici un scénario fidèle à son univers (Gotham central était un très bon exemple de son art). Quant à Michael Lark compère de Rucka sur Gotham central, montre son savoir-faire dans les scènes de combat, là où une scène de combat se serait réglé en une planche chez d’autres, ici, ce n’est pas moins de 9 pages qui sont nécessaires et les amateurs du genre s’en réjouiront. Les couleurs sont cohérentes avec cet univers dystopique.

N’oublions pas que tout ce petit monde a gagné pas mal de prix Will Eisner, donc ce ne sont pas les premiers venus tout de même.

Mais alors pourquoi avoir mis 4 seulement ? C’est un peu comme une entrée, c’est bon, ça met en appétit, mais si on ne se contente que de cela on reste un peu sur sa faim. Il m’a manqué un petit quelque chose en plus, j’ai l’impression d’avoir lu beaucoup de romans SF avec ce type de scénario, après je suis plutôt enthousiaste à l’idée que le héros de l’histoire soit une femme. Ça pour le coup, ça change, même si par certains côtés Forever me rappelle Elektra dans Daredevil (Au passage, ils ont aussi travaillé sur Daredevil… coïncidence ?)