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Presque maintenant. Cyril Bonin. Futuropolis

Futur imparfait : ou la conjugaison de l’amour

On vous propose d’ingérer des nanoparticules qui pourront rendre compte en temps réel de votre état de santé. Que faites-vous ? Acceptez-vous de contrôler votre santé ? Pensez-vous réellement que tout est prévisible ?

Cyril Bonin est sans conteste, un des auteurs les plus doués dans le monde de la bande-dessinée. J’avais découvert son travail avec la formidable BD « Fog  » au scénario signé du gentleman Seiter. J’avais loué son talent dans « Chambre obscur » qui reprenait le mythe d’Arsène Lupin (en tant que fan de Maurice Leblanc je ne peux que m’incliner). J’avais demandé à ce « La belle image » participe au prix littéraire d’un festival et il y eut les très reconnus « Quintett » et « Amorostasia ». Bref, je suis fan et cet auteur ne fait que des bijoux.

Une fois de plus, ici, monsieur Bonin nous prend par la main pour nous emmener dans une nouvelle histoire pleine de surprises. Anna est étudiante au conservatoire de Paris. Elle rencontre Alexis et son ami Félix, eux aussi étudiants. Une amitié mâtinée de flirt va s’engager. Mais personne n’ose se déclarer et Anna ne sait qui choisir. Un beau jour Félix fait le premier pas. Leur vie de couple est alors engagée au détriment d’Alexis qui s’éloigne de part ses études. Félix étudie les biotechnologies et met au point des nanopills qui permettent de rendre compte en temps réel de son état de santé. Il propose à Anna d’en ingérer comme lui-même, au début tout va bien. Mais le contrôle de soi et de l’autre fait peser une tension sur leur couple. Jusqu’au jour où une surprenante nouvelle tombe.

Un scénario fin et élégant nous entraîne dans un monde proche de certains épisodes de « Black mirror ». Ce futur proche, probable nous interpelle d’un point de vue philosophique sur notre volonté de tout contrôlé et si cela au final est vraiment possible. Cette BD nous parle aussi de ce qu’est l’amour et jusqu’où il peut aller.

Le dessin est comme à l’habitude de Cyril Bonin, irréprochable à la fois doux et réaliste. Une BD à lire et à offrir.

Vous pouvez retrouver le monde de Cyril Bonin ici.

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Tu mourras moins bête . Marion Montaigne . Ankama . Delcourt

L’histoire

Le Professeur Moustache répond scientifiquement aux questions parfois navrantes de lecteurs. On apprend à notre grande surprise que des scientifiques se sont déjà posés ces mêmes questions mais que eux, avaient les moyens d’y répondre.

Mon avis

Et paf ! double éditeur. Ankama a été le premier à publier les épatantes aventures du Professeur Moustache en 2011 et Delcourt a suivi en 2014. Professeur ou professeure ? A vous de voir !

Au commencement était le blog. Marion Montaigne tient un blog de bande dessinée en ligne ou BD Blog à vous de voir également, en tout cas si ce n’est déjà fait j’engage tout le monde de s’abonner. Sur ce dernier elle explore toutes les questions scientifiques que de pseudos lecteurs lui envoient via cartes postales. On explore ainsi la réalité et la fiction au cinéma, le corps humain et animal, l’espace et bien d’autres choses !

Du décalage entre la nécessité d’être exact scientifiquement et l’absurdité des dessins (« girly moustache touch », interventions de personnages célèbres comme Lénine, Jésus, Freud.. beaucoup d’hommes à poils donc) se créé une alchimie qui vous fera rire aux éclats… il faut d’ailleurs que j’arrête de lire cette BD le soir dans mon lit ; ça réveille tout le monde et le voisinage se plaint.

On apprend des choses en riant, damned ! Ce qui ne gâche rien, Marion Montaigne cite ses sources et nous renvoie aux articles utilisés pour ses BD immanquablement. Fatalement on s’intéresse et on va vérifier ce qu’elle vient de nous dire et malheureusement pour nous on devient plus cultivés à notre corps défendant. Je vous jure ça devient de plus en plus difficile de ne pas s’instruire de nos jours. (L’auteur du blog pense en ce moment aux Marseillais vs les Ch’tis vs les Anges de la télé réalité… ils sont très forts)

De la culture, du rire, de la science, du délire, du recul, des interrogations, bref, de quoi se faire remuer nos petites cellules grises.