Publié dans 4 crayons

Cinq branches de coton noir . Steve Cuzor . Yves Sente . Dupuis

L’histoire

Deux époques pour une même histoire. La première se passe en 1776 alors que Georges Washington commande à Betsy Ross le premier drapeau des futurs Etats-Unis d’Amérique. Une domestique adjoint au drapeau sous une des étoiles blanches un morceau d’étoffe qui à la lumière laissera apparaître une étoile noire pour que les Etats-Unis ne se construisent pas sans les Afro-américains. La seconde époque nous projette en pleine Seconde Guerre mondiale, un trio de soldats Afro-américains est chargé de récupérer aux mains des nazis ce même drapeau symbole des symboles pris dans les serres du fascisme.

Mon avis

On l’envoie à Trump cette B.D. ? J’ai été conquise en premier par les illustrations qui sont absolument magnifiques. Les encrages sont superbes Le jeu des couleurs d’ambiance pour chaque planche est subtil. Le travail de mixage entre la fiction et la réalité est tellement bien fait que j’aurais envie que tout soit vrai. En revanche, j’aurais bien aimé des passages un peu plus longs sur les femmes derrière cette histoire et un peu moins de temps passé sur la guerre en elle-même. En inversant juste les proportions je pense qu’elle serait entrée dans mon petit panthéon. Une BD en tout cas à lire et à faire lire pour lutter contre l’imbécillité rampante.

Publié dans 5 crayons

Opération Copperhead . Jean Harambat . Dargaud

L’histoire

Winston Churchill n’est jamais à cours d’imagination. Il pense à un délicieux stratagème pour détourner l’attention d’Hitler et l’empêcher de regarder au bon endroit. Il met David Niven sur le coup : il faut ni plus ni moins engager un sosie du général Montgomery. Il aura, pour l’aider dans cette mission, le non moins célèbre Peter Ustinov. Un drôle de duo de célébrités aux prises avec le cinéma, les espions, la boisson et l’amour.

Mon avis

Je découvre là une histoire vraiment pas banale de la 2nde Guerre Mondiale. Tout le monde a été un peu amoureux, a un peu admiré ou jalousé la démarche pleine de prestance de David Niven ainsi que son regard bleu. Tout le monde a pu rire avec lui dans « La panthère rose » alors qu’il draguait, à grand renfort de champagne et de peaux de bêtes devant la cheminée, Claudia Cardinale.

Ou encore se remémore David Niven aux côtés de Bourvil et de Belmondo dans Le cerveau (film qui se pose là en nombre de légendes du cinéma à l’image)

Tout le monde a pu le voir dans le personnage du Colonel John Race et admiré la moustache d’Hercule Poirot par un de ses plus brillants interprètes, Peter Ustinov.

Mais, penser qu’une partie de l’histoire est passée entre leurs mains… (même si tout ne fut pas très concluant) c’est assez incroyable.

Trêve de mièvreries. Cette BD est un réel petit bijou. J’avoue avoir douté en prenant ce livre qui est loin des types de dessins que j’apprécie mais le style de Jean Harambat prend le lecteur dès les premières planches. Les traits des personnages, un peu naïfs, sont loin de l’être au final. On reconnait avec précision les personnages réels aux premiers coups de crayons. Il est difficile d’être simple et on voit quelle maîtrise il faut pour l’être ici et mettre au cœur du sujet une telle histoire presque « trop cinématographique » pour être réelle. Un pur bonheur. J’ai trouvé très intéressant d’insérer quelques citations ici et là tirées des mémoires des protagonistes. Le « tricotage » entre narration et réalité est habile.

Dès lors on peut pas s’étonner que cette BD aie reçu le prix René Goscinny à Angoulême en 2018.