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Negalyod . Vincent Perriot . Casterman

Une oeuvre monumentale entre Moebius et Schuiten.

Vous aimez l’architecture, les grands espaces sauvages et avez un mastère en paléontologie ? Cette BD est pour vous !

J’ai été intriguée par la couverture qui montre une cité futuriste à l’envers et un homme seul à côté d’un dinosaure sellé. Ni une, ni deux, j’enfourne la BD dans mon tote bag et je file lire à l’ombre la bestiole.

Pour l’histoire : Jarri, l’homme qui chuchotait à l’oreille des dinosaures, voit son troupeau mortellement frappé. En proie à une rage terrible, ses pas le mènent en ville pour une destination : la vengeance.

Cet album fait 207 pages. Autant dire quelques heures de lecture en perspective. Le dessin est bluffant et certaines planches en double page vous happent à vous en faire oublier l’heure. Les couleurs sont très bien étudiées et apportent une certaine dimension. Dans le scénario une ou deux choses m’ont gêné. L’auteur nous entraîne dans un côté « classique » de la SF old school qui n’amène pas de fraîcheur ou d’idée innovante.

On lira donc cet album plus pour son graphisme que pour son histoire, mais quel succès dans le dessin ! Hâte de lire d’autres œuvres de Vincent Perriot.

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Presque maintenant. Cyril Bonin. Futuropolis

Futur imparfait : ou la conjugaison de l’amour

On vous propose d’ingérer des nanoparticules qui pourront rendre compte en temps réel de votre état de santé. Que faites-vous ? Acceptez-vous de contrôler votre santé ? Pensez-vous réellement que tout est prévisible ?

Cyril Bonin est sans conteste, un des auteurs les plus doués dans le monde de la bande-dessinée. J’avais découvert son travail avec la formidable BD « Fog  » au scénario signé du gentleman Seiter. J’avais loué son talent dans « Chambre obscur » qui reprenait le mythe d’Arsène Lupin (en tant que fan de Maurice Leblanc je ne peux que m’incliner). J’avais demandé à ce « La belle image » participe au prix littéraire d’un festival et il y eut les très reconnus « Quintett » et « Amorostasia ». Bref, je suis fan et cet auteur ne fait que des bijoux.

Une fois de plus, ici, monsieur Bonin nous prend par la main pour nous emmener dans une nouvelle histoire pleine de surprises. Anna est étudiante au conservatoire de Paris. Elle rencontre Alexis et son ami Félix, eux aussi étudiants. Une amitié mâtinée de flirt va s’engager. Mais personne n’ose se déclarer et Anna ne sait qui choisir. Un beau jour Félix fait le premier pas. Leur vie de couple est alors engagée au détriment d’Alexis qui s’éloigne de part ses études. Félix étudie les biotechnologies et met au point des nanopills qui permettent de rendre compte en temps réel de son état de santé. Il propose à Anna d’en ingérer comme lui-même, au début tout va bien. Mais le contrôle de soi et de l’autre fait peser une tension sur leur couple. Jusqu’au jour où une surprenante nouvelle tombe.

Un scénario fin et élégant nous entraîne dans un monde proche de certains épisodes de « Black mirror ». Ce futur proche, probable nous interpelle d’un point de vue philosophique sur notre volonté de tout contrôlé et si cela au final est vraiment possible. Cette BD nous parle aussi de ce qu’est l’amour et jusqu’où il peut aller.

Le dessin est comme à l’habitude de Cyril Bonin, irréprochable à la fois doux et réaliste. Une BD à lire et à offrir.

Vous pouvez retrouver le monde de Cyril Bonin ici.

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Sun-Ken Rock . Boichi . Doki Doki

L’histoire

Tout commence par une bluette romantique. Un lycéen japonais, Kitano Ken, est fou amoureux d’une de ses camarades. Cette dernière est coréenne et souhaite retourner dans son pays pour entrer dans la police. Ni une, ni deux ce dernier, s’envole pour la Corée du Sud bien décidé à suivre son amour et devenir pourquoi pas policier aussi. Or, rien ne se passe comme prévu, il ne trouve pas d’emploi et zone chez un marchand ambulant. Ce dernier se fait rançonner par la mafia locale. emporté par son tempérament nerveux, Ken se bagarre et prend le dessus sur les petites frappes qui en font leur chef. Mais qui dit bandes dit rivaux et dans le quartier ce n’est pas cela qui manque.

Mon avis

C’est très drôle, on alterne les scènes humoristiques et les scènes de bagarres un peu plus sérieuses avec brio. Il y a tout de même pas mal de scènes de filles en petites culottes, qui ne servent à pas grand choses, mis à part faire plaisir aux pervers et deux scènes pour lesquelles je mets un Parental advisory à ce manga. Niveau moralité et vision féministe on repassera. Mais il faut dire ce qui est j’ai apprécié son originalité et j’ai ri. Le dessin est sympa mais il est étrange de voguer entre tous les styles de toutes les têtes que Ken peut avoir. Cela pourrait en désarçonner pas mal, même si c’est beau de voir un mangaka maîtriser autant de styles.

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Cinq branches de coton noir . Steve Cuzor . Yves Sente . Dupuis

L’histoire

Deux époques pour une même histoire. La première se passe en 1776 alors que Georges Washington commande à Betsy Ross le premier drapeau des futurs Etats-Unis d’Amérique. Une domestique adjoint au drapeau sous une des étoiles blanches un morceau d’étoffe qui à la lumière laissera apparaître une étoile noire pour que les Etats-Unis ne se construisent pas sans les Afro-américains. La seconde époque nous projette en pleine Seconde Guerre mondiale, un trio de soldats Afro-américains est chargé de récupérer aux mains des nazis ce même drapeau symbole des symboles pris dans les serres du fascisme.

Mon avis

On l’envoie à Trump cette B.D. ? J’ai été conquise en premier par les illustrations qui sont absolument magnifiques. Les encrages sont superbes Le jeu des couleurs d’ambiance pour chaque planche est subtil. Le travail de mixage entre la fiction et la réalité est tellement bien fait que j’aurais envie que tout soit vrai. En revanche, j’aurais bien aimé des passages un peu plus longs sur les femmes derrière cette histoire et un peu moins de temps passé sur la guerre en elle-même. En inversant juste les proportions je pense qu’elle serait entrée dans mon petit panthéon. Une BD en tout cas à lire et à faire lire pour lutter contre l’imbécillité rampante.

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L’assassin qu’elle mérite . Yannick Corboz . Wilfrid Lupano .Vents d’Ouest

L’histoire

Problème de riche en 1900 : l’oisiveté. Deux riches amis parient de parvenir à transformer un jeune homme pauvre en ennemi de la société en lui faisant découvrir tous les plaisirs puis en lui retirant tout ce qu’il a.

Mon avis

Excellent scénario, excellent dessin. Une BD pour les collectionneurs, car l’ouvrage est beau et les 4 tomes tiennent leur promesse de qualité jusqu’au bout !

https://www.glenat.com/sites/default/files/liseuse/9782749305554/index.html

J’aime énormément le travail de Wilfrid Lupano, aussi bien sur les séries d’Alim le tanneur, le Loup en slip (ouaiii ça claque comme titre), Azimut et bien entendu Les vieux fourneaux dont je vous parlerai prochainement. J’aime aussi son travail sur Quand le cirque est venu même si j’accroche moins sur les illustrations très gonflées et qui ont de la personnalité de Stéphane Fert (un de ces jours j’adorerai j’en suis certaine, encore quelques albums Monsieur Fert et je devient fan).

J’avoue néanmoins beaucoup moins connaître Yannick Corboz dont on peut voir un aperçu de son travail ici. Il maîtrise ses cadrages, sait mettre un point de focalisation original ou très léché. Il n’a pas son pareil pour retranscrire la notion de féminité.

Alors pourquoi ne pas avoir mis la note maximale ? Eh bien, il faut l’avouer entre nous (rapproche toi de l’écran c’est un secret que je te confie lecteur : j’ai sauté du texte… oui je sais c’est horrible et je m’en veux) Mon attention n’a pas été éveillée à tout instant, certains passages où Victor est en plein marasme moral m’ont fait décrocher. C’est la vie. Je relirai certainement cette série lors de mes universités d’été où je relis compulsivement ce qui vaut ou pas une deuxième chance.

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Lazarus : Pour la famille . Greg Rucka . Michael Lark . Santi Arcas . Glénat

L’histoire

Forever est un Lazare, une personne entraînée pour protéger et servir sa famille. Dans cette société d’un avenir proche, seuls l’argent et le pouvoir comptent, l’humain n’est qu’un déchet bon à tuer.

Mon avis

Une histoire qui promet d’être assez sympa sur le long terme. Ici pour le premier épisode on assiste à la mise en place des personnages et on compatit avec Forever qui promet de nous faire une belle crise de rébellion sous peu. Greg Rucka signe ici un scénario fidèle à son univers (Gotham central était un très bon exemple de son art). Quant à Michael Lark compère de Rucka sur Gotham central, montre son savoir-faire dans les scènes de combat, là où une scène de combat se serait réglé en une planche chez d’autres, ici, ce n’est pas moins de 9 pages qui sont nécessaires et les amateurs du genre s’en réjouiront. Les couleurs sont cohérentes avec cet univers dystopique.

N’oublions pas que tout ce petit monde a gagné pas mal de prix Will Eisner, donc ce ne sont pas les premiers venus tout de même.

Mais alors pourquoi avoir mis 4 seulement ? C’est un peu comme une entrée, c’est bon, ça met en appétit, mais si on ne se contente que de cela on reste un peu sur sa faim. Il m’a manqué un petit quelque chose en plus, j’ai l’impression d’avoir lu beaucoup de romans SF avec ce type de scénario, après je suis plutôt enthousiaste à l’idée que le héros de l’histoire soit une femme. Ça pour le coup, ça change, même si par certains côtés Forever me rappelle Elektra dans Daredevil (Au passage, ils ont aussi travaillé sur Daredevil… coïncidence ?)