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Magus of the library . Mitsu Izumi . Ki-Oon

Partez à l’aventure : asseyez-vous et lisez !

Depuis le temps qu’on vous le dis, lire rend libre. Ici plus que jamais vous découvrirez que la lecture est un vecteur de liberté que l’on soit pauvre, emprisonné ou du mauvais côté de la vie. A vous de jouer, donc, prenez votre destin en main et ouvrez un livre.

On suit ici Shio, qui a une passion pour les livres. Ces derniers lui permettent de voyager loin d’un quotidien très difficile. Ostracisé, brimé, orphelin, pauvre, Shio n’a pas une vie dorée. Le chef de sa ville va lui interdire les portes de la bibliothèque municipale, le dernier bastion de la liberté de Shio tombe alors. C’était sans compter la venue des bibliothécaires en chef de la grande bibliothèque centrale, qui vont aider le jeune Shio.

J’ai eu la chance de voir à la librairie Momie de Dijon les très belles illustrations du manga en grand format c’est quelque chose à ne pas louper ! Malheureusement pas moyen de les acheter.

On suit les aventures de Shio avec enthousiasme. Enthousiasme renouvelé à la découverte des personnages de bibliothécaires à qui on aime s’identifier lorsque l’on est du métier. D’ailleurs si vous avez dans votre entourage une/un bibliothécaire qui n’aimerait pas encore les mangas, c’est « le » titre par lequel vous réussirez à les avoir.

En effet, le métier de bibliothécaire est décrit avec précision malgré le fait que nous soyons face à une oeuvre de fantasy. Les livres sont considérés comme des objets magiques par lesquels tous les savoir sont à acquérir et vecteurs d’ascension sociale.

Si vous voulez avoir une idée des premières pages, les voici en ligne sur le magazine Zoo.

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Six-coups : Le crash de monsieur Crunch. Jérôme Jouvray . Anne-Claire Jouvray . Dupuis

Le bon, la brute et le cochon

Un nouveau western ! Une histoire de revolvers, de vol à mains armées et de la perte de l’innocence de l’enfance. Une très jolie série dès 10 ans (âge des protagonistes) et à faire passer entre les mains de toutes les générations.

Si vous cherchez pour ce printemps ou cet été une BD rafraîchissante de style western, il y a fort à parier que cette nouveauté sera faite pour vous. Premièrement vous l’aimerez car ce n’est non moins que le créateur de Lincoln qui est aux manettes et puis si on veut se jouer des codes du western c’est un peu le nec plus ultra. Ici on manie des Smoothie-Wesson, ici les enfants se voient armés dès 10 ans, ici les filles ont leur mot à dire.

Je suis activement Jouvray depuis que j’avais eu le bonheur de lire « Toile cirée » parue en 1998-1999, une BD d’ambiance où l’on suivait un journaliste aux prises avec une sombre histoire de nappe. Un second degré pour marque de fabrique qui ne se dément toujours pas 20 ans après.

Eliot, 10 ans, fils du Shérif, se voit offrir un revolver ce qui est normal alors pour un père fan d’armes à feu à cette époque. Oui mais Eliot, lui, n’est pas très passionné, il préfère traîner avec sa copine Bianca et son petit cochon. Bianca, elle, est issue d’une famille défavorisée (bon en même temps c’est le lot de l’époque) et est un peu casse-coup sur les bords, l’arme à feu d’Eliot brille dans sa prunelle comme une pomme rouge et juteuse sous le groin d’un cochon. Or, voilà que leur petit village va être le théâtre de vols à mains armées.

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Charlotte impératrice. Fabien Nury. Matthieu Bonhomme. Dargaud

Charlotte face à son destin…
et autres petits problèmes de riches

Vous en aviez soupé des Sissi et autres princesses des cœurs ? Et bien là, votre avis pourrait changer. Oui toi aussi, ami du heavy metal, tu vas t’intéresser au destin contrarié de Charlotte une impératrice bien méconnue.

Qui est Charlotte ? Un personnage historique bien réel nommée simplement Marie Charlotte Amélie Auguste Victoire Clémentine Léopoldine de Saxe-Cobourg-Gotha fille du roi Léopold de Belgique et de Louise d’Orléans. Autant dire que petite, la cuillère qui la nourrissait était d’or et de diamants. En revanche, on peut naître dans la dentelle et avoir une vie bien pourrie. Ce qui contribue à rendre sa vie encore moins glamour c’est que, étant une femme elle sera cantonnée à être un vulgaire pion. Mariée à Ferdinand Maximilien de Habsbourg-Lorraine archiduc d’Autriche elle n’aura pas non plus la chance de tomber sur une flèche. Mari peu intéressé et peu intéressant, diplomate malhabile, Maximilien au destin funeste ne parviendra pas à prendre historiquement une ampleur glorieuse et finira au peloton d’exécution.

Charlotte et Maximilien

Dans cette BD de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme on suit le parcours d’une femme née pour le drame et qui, petit à petit, se fera déplumer. La première planche d’ailleurs se passe durant son enfance alors qu’elle se cache dans un tas de plumes aux cuisines lors de la mort de sa mère. Et des plumes elle va en laisser à l’histoire puisqu’elle finira par sombrer dans la folie.

Le dessin est brillant ! Le travail sur l’encrage est magnifique, on oscille en permanence entre humour, cynisme et drame total. La scène de drague de Maximilien qui ouvre le premier chapitre est à se tordre et incarne parfaitement le « Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis ». Le jeu de cadrage sur les personnages est pensé à la perfection et nous fait appréhender ce qui est en train de se jouer sous nos yeux avec maestria.

On ne pouvait douter que ce travail se retrouve dans le palmarès d’Angoulême 2019.

Sautez donc à pieds-joints dans l’histoire et quelle histoire !

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To your eternity. Oima Yoshitoki. Pika édition

Série en cours ! 9 tomes déjà parus

L’histoire

Une entité immortelle croise par hasard un être vivant voué à une mort proche. Cet être sera baptisé Imm (voui vous avez compris… Imm comme immortel… comme immaculé également). Son chemin initiatique en quête de la signification de la vie sera semé d’embûches, il perdra des amis en gagnera des nouveaux, mais pour combien de temps ?

Mon avis

Un grand coup de cœur manga ! C’est un ovni assez inracontable pour le premier épisode. On commence cette histoire avec un caillou envoyé dans un univers désertique. Il fallait oser. Ce « caillou » est sur le chemin d’un loup, qui mourra à ses côtés. Ce dernier va prendre la forme de l’animal mort. Ainsi doté de pattes il se mettra en route pour un voyage qui l’amènera à croiser un nouveau personnage. Toute la construction d’Imm se fait par le biais de ses rencontres qui vont façonner son humanité, il prendra d’ailleurs la forme des disparus une jolie métaphore de ce qui reste de l’autre lorsqu’il n’est plus là et de la façon dont nous nous construisons en miroir aux autres. Pour notre plus grand bonheur Imm va rencontrer des personnages atypiques emplis de bontés et des grosses ordures putrides bouffées par la méchanceté . J’en suis déjà au neuvième tome et il est très difficile pour moi d’attendre la suite.

Je me relis et j’ai l’impression que ce manga sonne très philosophique mais ce n’est pas que ça. To your eternity n’est pas qu’un road movie à travers le monde c’est aussi de grands combats contre des entités parasitaires étranges et maléfiques.

En ce qui concerne le style, c’est beau, c’est fin, c’est précis. Si il faut le classer absolument, c’est un shonen mais c’est triste de le réduire à cela tant il peut plaire à un public divers. L’auteure Oima Yoshitoki s’était déjà fait grandement remarquer en bien avec le magnifique manga A silent voice qui traitait du handicap. Avec ce manga Oima Yoshitoki nous plonge dans un univers fantasy remarquable d’ingéniosité et où notre propre humanité et nos peurs (maladie, mort, amputations, oubli, torture…) sont explorées jusqu’à la moelle substantifique. A lire, à partager et à offrir !

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Beastars 1 et 2 . Paru Itagaki . Ki-Oon

12 volumes en cours à ce jour

L’histoire du tome 1

A l’institut Cherryton, herbivores et carnivores vivent en relative bonne entente puisque la consommation de viande est proscrite. Mais un alpaga est retrouvé mort. La suspicion fait alors surface et Legoshi en pâtit parce que c’était son meilleur ami, qu’il est la dernière personne à l’avoir vu et parce… qu’il est un loup.

Mon avis

Un excellent manga sur nos petits conditionnements, très bien mené. On enquête en même temps que les héros et l’intrigue promet de nombreux rebondissements. J’aime le personnage de Legoshi, complexe et tourmenté. J’aime les réactions des autres animaux au plus près des nôtres. Le dessin est parfois un peu juste pour moi mais pour un des premiers mangas de cette auteure, il faut d’ores et déjà l’inscrire dans les personnes à suivre !

L’histoire du tome 2

Ça se corse ! Louis refuse d’abandonner la pièce de théâtre et il l’assurera coûte que coûte. Dès lors, tout le monde est prié d’être sur le pont, il faudra à Legoshi surmonter une situation gênante avec une lapine et surmonter ses propres peurs.

Mon avis

Ce tome 2 est encore meilleur que le premier ! On gagne évidemment en complexité et en densité des personnages. On gagne aussi dans la compréhension du dessin faussement simple. Les passages de narration sur le quotidien des personnages sont doux presque crayonnés et puis soudain une action importante nous est donnée à voir et le style gagne en profondeur les hachurages donnent de la matière à bon escient, les traits s’épaississent comme dans la scène de la pièce de théâtre. Bref, c’est un gros coup de cœur pour ce manga qui continue !

L’histoire du tome 3

La tension monte encore d’un cran. Louis, blessé, confie son rôle à Bill mais la situation devient explosive. Legoshi découvre l’existence d’un marché noir macabre. Les herbis n’existeraient-ils que pour servir de nourriture aux carnis ?

Mon avis

L’histoire devient de plus en plus sombre, l’apparition de ce marché noir dans l’histoire, donne une dimension encore plus philosophique et cruelle aux refléxions des personnages.

L’histoire du tome 4

Louis entretien une relation complexe avec Haru. Le triangle amoureux formé avec Legoshi toujours bien innocent s’intensifie. On apprend également les origines de Louis et d’où lui vient cette force.

Mon avis

La qualité du dessin et de la narration est maintenue toujours sur ce tome 4. C’est assez remarquable d’ailleurs. Espérons que la série ne s’essouffle pas.

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Sun-Ken Rock . Boichi . Doki Doki

L’histoire

Tout commence par une bluette romantique. Un lycéen japonais, Kitano Ken, est fou amoureux d’une de ses camarades. Cette dernière est coréenne et souhaite retourner dans son pays pour entrer dans la police. Ni une, ni deux ce dernier, s’envole pour la Corée du Sud bien décidé à suivre son amour et devenir pourquoi pas policier aussi. Or, rien ne se passe comme prévu, il ne trouve pas d’emploi et zone chez un marchand ambulant. Ce dernier se fait rançonner par la mafia locale. emporté par son tempérament nerveux, Ken se bagarre et prend le dessus sur les petites frappes qui en font leur chef. Mais qui dit bandes dit rivaux et dans le quartier ce n’est pas cela qui manque.

Mon avis

C’est très drôle, on alterne les scènes humoristiques et les scènes de bagarres un peu plus sérieuses avec brio. Il y a tout de même pas mal de scènes de filles en petites culottes, qui ne servent à pas grand choses, mis à part faire plaisir aux pervers et deux scènes pour lesquelles je mets un Parental advisory à ce manga. Niveau moralité et vision féministe on repassera. Mais il faut dire ce qui est j’ai apprécié son originalité et j’ai ri. Le dessin est sympa mais il est étrange de voguer entre tous les styles de toutes les têtes que Ken peut avoir. Cela pourrait en désarçonner pas mal, même si c’est beau de voir un mangaka maîtriser autant de styles.